Dans un changement significatif mais discret, la Direction Générale des Impôts (DGI) du Maroc a repris la collecte de deux taxes locales majeures — la taxe d'habitation (TH) et la taxe de services communaux (TSC) — auprès de la Trésorerie Générale du Royaume (TGR), effectif à partir de juin 12, 2025. Consolidée par la loi n° 14-25 (modifiant la loi n° 47-06), cette réforme marque un tournant dans la gouvernance des finances publiques locales.
Pourquoi ce changement est important
Auparavant, le système fiscal marocain était fragmenté administrativement : la DGI gérait l'impôt professionnel, la TGR s'occupait de la TH et de la TSC (depuis 2021), tandis que certaines collectivités locales administraient directement d'autres taxes. Ce puzzle entraînait des inefficacités : duplication des rôles, retards administratifs et pratiques incohérentes. En transférant entièrement la TH et la TSC à la DGI, le gouvernement vise à rationaliser les opérations, renforcer la transparence et améliorer l'efficacité du recouvrement.
Une partie d'un programme de réforme plus large
Ce réalignement fait partie de la refonte fiscale du Maroc dans le cadre de la loi n° 69‑19, visant la modernisation, la simplification et une meilleure expérience utilisateur. L'accent est mis sur l'intégration des canaux fiscaux disparates, l'automatisation des processus administratifs et l'amélioration des services numériques. La DGI, dotée d'une infrastructure numérique performante et liée aux bases de données administratives, est considérée comme bien placée pour gérer ces fonctions plus efficacement que les multiples organes précédents.
Ce qui reste inchangé
Les contribuables ne seront pas confrontés à de nouvelles obligations, à des taux modifiés ou à des règles d'exonération changées. Les bases, les taux et les exonérations restent intacts. Cependant, les particuliers et les entreprises bénéficieront d'un traitement plus rapide, d'une plus grande cohérence et d'une interface plus conviviale, grâce à des systèmes numériques centralisés et à un service plus fluide.
Les taxes en question
Taxe d'Habitation (TH)
Prélevée sur les propriétés résidentielles—résidences principales ou secondaires—sur la base de la valeur locative, avec des taux progressifs de 10% à 30%. Des exonérations s'appliquent aux biens publics, aux lieux de culte, aux organismes de bienfaisance reconnus et aux nouvelles résidences principales (exonérées pendant jusqu'à cinq ans).
Taxe sur les Services Communaux (TSC)
Conçue pour financer les services publics locaux, cette taxe s'applique aux propriétés résidentielles, professionnelles et industrielles. Les taux varient—10.5% dans les zones urbaines/touristiques ; 6.5% dans les zones périphériques.
Comment s'est déroulée la passation
Une période de transition de deux mois a assuré la continuité. Le rôle de la TGR n'est pas mis de côté – il s'agit d'un transfert bien planifié vers une autorité plus centralisée et numériquement avancée.
Implications stratégiques
Amélioration des performances de recouvrement
Une approche unifiée – de l'évaluation au recouvrement et à la résolution des litiges – promet des recettes accrues et une plus grande équité.
Processus modernisé
Le dépôt électronique, l'intégration de bases de données, les services en ligne et les avis automatisés augmenteront la rapidité, réduiront les erreurs et renforceront la transparence.
Plus grande confiance dans la gouvernance locale
L'État souligne que la fiscalité locale n'est pas seulement administrative, mais un outil crucial pour le développement territorial. Une gestion simplifiée via la DGI est un pas vers le renforcement de la confiance citoyenne.
En conclusion
Le transfert du recouvrement de la taxe d'habitation et de la taxe de services communaux à la DGI représente une révolution discrète dans la politique fiscale locale marocaine. Il souligne une volonté déterminée d'intégration accrue, de transformation numérique et d'une administration centrée sur le contribuable. Bien que largement invisible aux yeux du public, cette mesure pourrait remodeler les systèmes de recettes locales, minimiser les obstacles administratifs et soutenir un développement régional plus robuste.






